• Chapitre 2 :

      Les deux amies avaient pris leur temps et elles cheminaient entre les arbres sur des sentiers boueux, épineux ou encore bordés de plantes vénéneuses, car ces sentiers n’étaient pas utilisés par les autres loups ou les humains ce qui limitait les risques d’en rencontrer. Elles cogitèrent toute la journée et apprirent beaucoup l’une sur l’autre, mais elles ne virent pas le temps passer et oublièrent la gravité de la situation.

      Lorsqu’elles eurent besoin de se désaltérer, elles s’arrêtèrent au niveau d’un ruisseau dont l’eau paraissait plus pure et plus claire que le bleu du ciel. Emerantiane baissa la tête et se mit à s’hydrater tranquillement en lapant de sa langue rose l’eau de pluie qui coulait, vivement et joyeusement comme si de rien n’était. Louve, elle, n’était pas enchantée de boire à même le sol et tentait en vain de prendre l’eau avec ses petites pattes touffues afin de s’en servir de récipient. Emerantiane s’arrêta et se mit à observer Louve dans son entreprise irréalisable, elle lui lança un regard incompris quand elle vit dans la gueule de son amie, un petit objet, retenu par une chaîne, tous deux d’argent et une petite perle rouge au centre. Elle fût prise d’une envie irrésistible de hurler de joie mais préféra se retenir afin de ne pas se faire prendre par un quelconque ennemi, c’est à dire des loups ou des humains.

      Emerantiane lui tendit le pendentif et Louve le prit entre ses dents délicatement ; soudain, elle s’arrêta net. Derrière son amie se trouvait un ours, énorme, aussi gros qu’elle n’en avait jamais vu. Emerantiane se retourna lentement et précautionneusement et vit l’énorme animal, imposant et dangereux. D’une voix lente et articulé, comme paralysée, Emerantiane ordonna : « Cours ! Cours ! Pars ! Très loin ! Je m’en occupe ! Fait ce que je te dis ! » Mais Louve ne pouvait pas répondre, elle ne voulait pas abandonner son amie, alors elle porta son pendentif à son cou. Elle fut soudain prise de vertiges. La dernière chose qu’elle vit fut son amie courir vers l’animal qui la frappa à la tête, et tomber, inerte. Elle entendit ce cri qu’elle avait entendu l’autre nuit et s’endormit, sans douleur, avec la seule pensée de son amie, blessée…


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  • Chapitre 1:

        -Ha hooouuu ha haoooouuuu !

        Louve fût réveillée en sursaut par ce cri provenant d'à peine trois mètres à côté d'elle:

       -Hein ? Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? On est où ?

        -Eh ben...On est dans la forêt mais t'es qui toi ? Et tu viens d’où ?

       -Je m'appelle Louve et je viens du village là-bas ; bafouilla la jeune fille sans s'apercevoir qu'elle parlait à un loup. Et toi comment tu t’appelles ? Demanda-t-elle à son interlocutrice, encore sous le choc.

        -Moi c'est Emerantiane et je viens d'ici, la forêt. Mais ma maman dit qu'il ne faut jamais aller au village ; que les villageois sont dangereux et que si l'un d'entre eux nous voit ils nous tueront ! Affirma-t-elle en tournant autour de Louve pour tenter de l'intimider.

        -Ce n’est pas possible je suis en train de parler avec un loup c'est un véritable cauchemar... marmonna l'enfant qui venait de se rendre compte de ce qu'elle faisait. Et c'était une grave erreur ; selon les rumeurs, toute personne qui parlait à un loup était maudit et irait en enfer pour l'éternité.

        En effet; Emerantiane était une jeune louve, plus petite que la fillette. Ses yeux étaient vert émeraude et perçants tandis que sa fourrure était gris foncé, presque noire et paraissait être coiffée régulièrement. Son regard était amical mais Louve repoussa très vite cette idée pour ne pas aggraver son cas.

        -Tu dis ça mais toi aussi tu es une louve ! Renchérit Emerantiane qui avait tout entendu en s'arrêtant net en face de la jeune fille la sortant de ses pensées.

        -Non ! Je suis une humaine, regarde ! Dit-elle en lui montrant sa queue.

        -Ha ! Ha ! Ha ! Très drôle ! S'exclama-t-elle en riant d'une façon sarcastique.

       -Mais non je t'assure qu'hier j'étais une humaine et depuis ma naissance je suis une humaine. Sanglota-t-elle. Qu'est-ce que j'ai fait pour devenir une bête du diable ! Implora l'enfant, les larmes aux yeux, incomprise, seule.

        -Tu sais ce qu'elle te dit la bête du diable ! S'énerva Emerantiane qui n'aimait pas que l'on parle ainsi des siens. Bon, peu importe ; ce qui est sûr, c'est que tu ne peux pas retourner au village dans cet état et si notre Alpha apprend que tu es sur notre territoire, il enverra la meute te dévorer.

        -C'est quoi votre Alpha ? Et pourquoi il enverrait la meute me dévorer ?

        -Notre Alpha c'est notre chef et si qui que ce soit pénètre sur notre territoire la meute le tue afin de le préserver de la guerre et de la destruction. Expliqua la louve aux yeux verts comme si c'était la chose la plus normale du monde.

        -Mais où je vais aller, où je vais me cacher, où je vais dormir ? Mais surtout, où est mon pendentif? S'agita la nouvelle louve, inquiète. 

        -On va aller au pied d’un arbre, avec des racines suffisamment grosses pour faire une tanière, là, on creusera un terrier et je cacherais ton odeur en urinant autour. Mais c'est quoi un pendentif ?

        -Berk ! Tu ne vas quand même pas faire pipi autour de ce qui va me servir de lit ? Un pendentif c'est ce qu'on met sur un collier et un collier c'est ce que les villageois portent autour du cou pour les protéger des mauvais esprits. Le mien c'est un loup en argent qui s'enroule autour d'un rubis. Expliqua Louve tout-de-même dégoûtée à l'idée de dormir près de l'urine d'un loup.

        -Alors allons-y ! se réjouit Emerantiane toute heureuse d’avoir trouvé une amie hors du commun et un rôle héroïque à jouer.


    3 commentaires
  • Comme je vous l'avais dit dans mon premier article, aujourd'hui je vais vous proposer le tout premier chapitre de ma fiction que j'ai appelé "Le cri du loup" vous pourrez ainsi poster vos illustrations et s'il y en a plusieurs j'en choisirais une comme gagnante.

    Prologue:

              Il était tard, par une froide nuit d'hiver, dans le fin-fond d'une forêt dont les mares et les rivières étaient gelés,tout était calme, trop calme; comme si le temps s'était arrêté. Un louveteau jouait silencieusement à essayer de grimper à un arbre en vain, quand soudain, l'une des branches de l'arbre se brisa et vint lui frapper la tête, tuant le pauvre animal, et roula quelques mètres plus loin. Le silence fut brutalement rompu par un hurlement de loup tellement puissant qu'il en brisa la glace des ruisseaux. Soudain un horrible tonnerre déchira le ciel suivi d'éclairs qui illuminaient le ciel de leurs menaçantes zébrures. Le tonnerre grondait à faire tomber les arbres et les éclairs menaçaient de les brûler.

              Le louveteau n'avait pas eu le temps de souffrir; la branche l'avait frappé et d'un cri il était mort.

    Quelques mètres plus loin, une jeune fille de douze ans environ eût le courage et la curiosité de venir voir ce qu'il se passait mais, arrivée à une dizaine de mètres de l'arbre qui avait tué le pauvre animal, la branche avait roulé jusqu'à ses pieds nus. Elle fut prise d'une peur terrible à l'idée que ce ne soit un loup qui ait dévoré le chaman du village dont personne n'avait entendu parler depuis bientôt deux lunes; mais ce qu'elle vit n'en fut pas moins horrible: le louveteau mort, le regard vide, la branche ornée du sang de l'animal, toute une scène d'horreur s'étendait devant ses yeux fragiles.

              Une louve au regard d'ambre accourut vers la victime et la lécha en espérant qu'elle se réveille, en vain. Au fond d'elle elle savait que son petit était mort mais l'instinct maternel lui interdisait de l'accepter. Elle n'arrivait pas à se faire à l'idée que son enfant ne reviendrait jamais la téter, la caliner, l'aimer tout simplement.

              La jeune fille fut horrifiée par la louve qui, selon elle, était la responsable de la mort du louveteau, pensant qu'elle était en train de le dévorer. Elle croyait aux rumeurs des villageois qui disaient que les loups étaient des bêtes assoiffées de sang et des animaux cruels même avec leurs congénères; des démons maléfiques dotés de pouvoirs surnaturels.

              A peine avait elle retrouvé ses esprits que la louve aux yeux de braise l'aperçut et, enflammée, pensant que l'assassin était cette humaine, lui sauta à la gorge.


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